Les tableaux

La Nuit de Feux vous emmène à l’opéra le samedi 20 août au Domaine provincial d’Hélécine

Pour la 5ème année consécutive, le Château d’Hélécine se pare de ses habits de lumière, de son, de vidéo et de pyrotechnie pour vous présenter le plus grand feu d’artifice du pays ! Un spectacle total et féerique qui rassemble désormais plusieurs milliers de personnes enthousiastes.

Au programme cette année, 4 tableaux impressionnants rendant hommage aux plus grands chefs d’œuvre de l’opéra.

TABLEAU 1: CARMEN

Dès les premières phrases prononcées par Carmen, qui marquent l’une des plus grandes entrées de l’histoire de l’opéra, tout est dit : « L ’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser. » Dans un sulfureux déhanchement aux accents andalous, la belle cigarière jette son dévolu sur un soldat : Don José. Le destin fera le reste et Carmen est immédiatement considéré comme un chef-d’oeuvre dans toute l’Europe. L’opéra abolit la frontière entre tragique et comique avec une modernité qui, à l’époque, fait scandale. Peut-on tuer l’être aimé par amour ? La beauté rougeoyante de la musique de Bizet où s’enchaînent les airs inoubliables en fera pourtant, d’année en année, l’ouvrage lyrique le plus joué au monde.

TABLEAU 2: MADAME BUTTERFLY

Sans doute l’un des portraits de femme les plus beaux et les plus complets de l’histoire de l’opéra. L’un des plus terribles aussi, car il est le récit d’une humiliation et d’une tromperie qui mènent à la mort. Depuis sa naissance dans les années 1890, le « verismo » s’était appuyé sur des livrets romanesques et excessifs, sur une théâtralité efficace et sans concession. Il s’était appuyé aussi sur la puissance de l’expression qui transforme le moindre mot en imprécation. Que l’on songe à Cavalleria rusticana aussi bien qu’à Tosca, l’ouvrage précédent de Puccini. Rien de tel dans « Butterfly » : pas ou peu d’action, mais le lent poème de l’âme. Et des mots certes, mais presque accessoires, et soumis à une économie parfaite.

À la passion dévorante exprimée dans chaque intonation, Butterfly oppose ses silences et un chant déchirant, d’une pudeur surnaturelle.

TABLEAU 3: LA FLÛTE ENCHANTÉE

Le dernier opéra de Mozart est un feu d’artifice en forme de conte initiatique. S’y côtoient le prince d’un pays lointain à la recherche d’une princesse légèrement suicidaire, un serpent géant et un oiseleur fanfaron, une Reine de la Nuit et un grand prêtre, moins ténébreux qu’il n’y paraît, imposant d’étranges rites de passage… De ce mélange improbable résulte une oeuvre féerique et dramatique qui peut, tour à tour, être entendue comme une merveilleuse histoire pour enfants ou comme la plus profonde méditation sur la vie et la mort. Un joyau sombre où les apparences se révèlent souvent trompeuses…

TABLEAU 4: AÏDA

Sans doute la scène du triomphe scelle-t-elle, dans la monumentalité et l’éclat de ses trompettes – aussi authentiques que l’égyptologie du dernier tiers du XIXe siècle pouvait les concevoir –, l’alliance du sabre et du goupillon. Terrible machine à broyer les individus, qui finit par les emmurer vivants. « “Tu in questa tomba ?” éclatait la voix, d’une séduction indicible, à la fois douce et héroïque, de Radamès, effrayé et ravi…

Oui, elle l’avait rejoint, la bien-aimée, pour l’amour de qui il avait perdu la vie et l’honneur, elle l’avait attendu ici pour mourir avec lui, et les chants qu’ils échangeaient à ce propos, parfois interrompus par la sourde rumeur de la cérémonie qui se déroulait au-dessus de leurs têtes, ou dans lesquels ils s’unissaient, c’était ces chants qui, en réalité, avaient ému jusqu’au fond de l’âme l’auditeur solitaire et nocturne, tant à cause de la situation que de l’expression musicale. Il était question du ciel dans ces chants, mais eux-mêmes étaient célestes, et ils étaient chantés divinement ».

FINAL: LES WALKYRIES

La Walkyrie représente l’apothéose du drame musical romantique, et Richard Wagner y livre ses pages les plus embrasées. Le rideau est à peine ouvert que l’orchestre emporte tout sur son passage. Tempête, inceste, colère divine, passion irrépressible : tout semble déjà en germe dans ces mesures agitées qui annoncent le destin tortueux des héros. Puis, grâce à son écriture perpétuellement mobile, où chaque instrument prend part à la tragédie, Wagner entame le récit à proprement parler, éclairant mots et scènes de ses fameux « leitmotive » (thèmes conducteurs) qui courent sous les chanteurs, passent dans leur voix, se transforment et resurgissent à mesure que la trame se développe.